La Haute Autorité de Santé (HAS) a en son sein une commission de transparence chargée d’étudier le rapport bénéfice-risque de toutes les nouvelles molécules avant leur mise sur le marché.
Tous les hépatants s’accordent à dire que pour les malades infectés par un virus de l’hépatite C de génotype 1, l’arrivée des antiprotéases en décembre 2011 a été une véritable révolution. Pour autant, si l’on regarde de près les conclusions de cette commission de transparence, on tombe sur des phrases pour le moins choquantes : progrès thérapeutique modéré chez les adultes prétraités et progrès thérapeutique mineur chez les adultes non prétraités dans l’hépatite C chronique de génotype 1.
Expliquons notre consternation.
Pour cette commission, chaque nouvelle molécule doit être testée et comparée au traitement de référence. Pour l’hépatite C, celui-ci est la thérapie combinée, interféron pégylé et ribavirine. Et c’est à lui que la nouvelle trithérapie doit être comparée.
Pour les nouveaux malades jamais traités auparavant (dits « naïfs » de traitement), on a comparé l’ancien traitement au nouveau. En revanche, pour les malades chez qui un précédent traitement avait échoué, les études ont comparé une bithérapie plus un placebo (donc une «fausse » trithérapie) à une vraie trithérapie. Ainsi, dans les études, un certain nombre de patients ont bel et bien reçu le même traitement que précédemment, c’est-à-dire celui qui avait abouti à un échec.
Les conclusions sont simples.
Pour les patients « naïfs », la tri, comparée à la bithérapie plus placebo (la fausse tri), permet d’obtenir 74,7 % de réponses virologiques soutenues (RVS), comparativement aux 43,8 % de RVS pour les fausses tris.
Pour les patients dont le premier traitement avait échoué, reprendre la bithérapie plus un placebo comparé à une trithérapie donne, étonnamment, comme s’il y avait là un effet placebo, 16,7 % de RVS – ce taux passant à 64,3 % dans le bras « vraie » trithérapie.
En tout cas, nous n’allons pas cracher dans la soupe : ces résultats sont plus qu’encourageants. Si l’on regarde du côté des répondeurs-rechuteurs, le taux de réponses en cas de reprise d’une trithérapie donne même 85 % de guérison. Alors oui, c’est à un véritable progrès, et non à un progrès modéré ou mineur que nous assistons depuis quelques temps.
Madame l’HAS laissez-nous notre satisfaction et notre espoir plein et entier !
Pascal Mélin
